L’art militaire de Napoléon

ArtMilitaireNapoleonEn faisant du ménage dans mes boîtes la fin de semaine dernière, je suis tombé sur un livre – L’art militaire de Napoléon – que je m’étais procuré il y a quelques mois, mais qui était disparu depuis de mon écran radar.

Ayant marché sur les champs de bataille de Austerlitz et Waterloo, admiré le berceau du roi de Rome dans un château de Vienne et parcouru l’exceptionnel musée consacré à la guerre de 1812 à quelques pas de la Place rouge à Moscou – sans parler de deux passages au tombeau de Napoléon aux Invalides à Paris – je me suis dit qu’il était bien temps que je découvre les facettes du génie militaire du personnage sans qui ces visites auraient été impossibles.

Je prévois donc de plonger dans les pages rédigées par Jacques Garnier, probablement après les occupations de la journée. Je partagerai ultérieurement mes impressions avec vous au sujet de cette lecture qui promet d’être fort agréable. Je peux d’ores et déjà relever que l’un des aspects qui m’intéresse particulièrement dans cet ouvrage est le fait que son auteur ne provient pas de la sphère académique, ce qui témoigne bien du vif intérêt que représente le sujet auprès d’un public élargi.

Albin Michel connaît mal Winston Churchill

Churchill1936Hier, j’ai eu le plaisir de passer un bon moment dans l’une de mes librairies favorites. Ce sont naturellement les ouvrages consacrés à l’histoire miliaire qui ont retenu mon attention.

Il en fut ainsi de celui de Gilbert Grellet, Un été impardonnable, au sujet de la Guerre d’Espagne paru chez Albin Michel.

Quel ne fut pas mon étonnement, en parcourant la couverture arrière du livre, de constater une erreur aussi grossière qu’incompréhensible de la part d’une maison d’édition de cette importance.

Permettez-moi de citer l’extrait qui m’a fait sursauter:

« Indifférentes à ces crimes de masse, la France de Léon Blum, l’Angleterre de Churchill et l’Amérique de Roosevelt ont refusé d’intervenir pour aider les démocrates espagnols […]. »

Non mais, sérieusement?

Relisez bien le sous-titre de l’ouvrage : « 1936 : la guerre d’Espagne et le scandale de la non-intervention ».

Comment alors peut-on imputer à Churchill – qui arrivera aux affaires le 10 mai 1940, donc près de quatre ans plus tard – la responsabilité de la non-intervention de la Grande-Bretagne dans le conflit espagnol quatre ans plus tôt?

Churchill, rappelons-le, est en pleine traversée du désert dans les années 1930. On ne saurait donc lui imputer une posture, aussi malheureuse soit-elle, des mandarins et décideurs de Westminster. Chose certaine, il n’était certainement pas l’égal d’un Blum ou d’un Roosevelt, lesquels étaient, doit-on le rappeler, aux affaires. Contrairement à Churchill.

C’est Stanley Baldwin qui présidait le gouvernement de Sa Majesté en 1936.

Inutile de mentionner qu’en constatant une telle erreur, j’ai replacé ce livre bien à sa place sur la table. Si une maison d’édition renommée laisse passer une telle erreur sur une couverture arrière, combien d’autres peuvent être embusquées dans les pages du livre?

Bref et pour tout dire et à moins que l’on puisse justifier cette utilisation du nom de Churchill, la connaissance historique des réviseurs d’Albin Michel est carencée. Et c’est franchement désolant.

Un rapide coup d’œil à la biographie de Sir Winston Churchill aurait pourtant permis d’éviter un écueil important.