La contribution canadienne à la victoire du Brexit

canadabrexitAyant suivi la campagne référendaire britannique de juin dernier avec un vif intérêt, cet article paru dans le quotidien londonien The Telegraph au sujet de la contribution d’une firme canadienne à la victoire du Brexit n’allait certainement pas me laisser indifférent.

Selon Dominic Cummings, directeur de la campagne Vote Leave: “Without a doubt, the Vote Leave campaign owes a great deal of its success to the work of AggregateIQ. We couldn’t have done it without them.”

Cette firme, qui n’est pas campée idéologiquement et qui est basée à Victoria en Colombie-Britannique, développe des stratégies de mobilisation permettant aux campagnes de rencontrer leurs objectifs. Le tout basé sur des outils informatiques et l’utilisation de banques de données. AggregateIQ s’est donc employé à mettre au point des modèles sophistiqués pour la campagne du Brexit.

Dotée d’un budget impressionnant, la firme a consacré la part du lion de ce budget à des publicités Facebook ciblées rejoignant les électeurs que la campagne souhaitait mobiliser et faire voter. Ils sont donc passés outre les créneaux traditionnels utilisés par les agences de relations publiques et de marketing.

Pour ceux et celles qui s’intéressent aux nouveaux créneaux des technologies de l’information et de leur influence grandissante, cet article est un vibrant appel à s’éloigner des matrices traditionnelles pour plonger dans les nouveaux courants. À moins de vouloir être englouti par le tourbillon qu’elles génèrent.

Albin Michel connaît mal Winston Churchill

Churchill1936Hier, j’ai eu le plaisir de passer un bon moment dans l’une de mes librairies favorites. Ce sont naturellement les ouvrages consacrés à l’histoire miliaire qui ont retenu mon attention.

Il en fut ainsi de celui de Gilbert Grellet, Un été impardonnable, au sujet de la Guerre d’Espagne paru chez Albin Michel.

Quel ne fut pas mon étonnement, en parcourant la couverture arrière du livre, de constater une erreur aussi grossière qu’incompréhensible de la part d’une maison d’édition de cette importance.

Permettez-moi de citer l’extrait qui m’a fait sursauter:

« Indifférentes à ces crimes de masse, la France de Léon Blum, l’Angleterre de Churchill et l’Amérique de Roosevelt ont refusé d’intervenir pour aider les démocrates espagnols […]. »

Non mais, sérieusement?

Relisez bien le sous-titre de l’ouvrage : « 1936 : la guerre d’Espagne et le scandale de la non-intervention ».

Comment alors peut-on imputer à Churchill – qui arrivera aux affaires le 10 mai 1940, donc près de quatre ans plus tard – la responsabilité de la non-intervention de la Grande-Bretagne dans le conflit espagnol quatre ans plus tôt?

Churchill, rappelons-le, est en pleine traversée du désert dans les années 1930. On ne saurait donc lui imputer une posture, aussi malheureuse soit-elle, des mandarins et décideurs de Westminster. Chose certaine, il n’était certainement pas l’égal d’un Blum ou d’un Roosevelt, lesquels étaient, doit-on le rappeler, aux affaires. Contrairement à Churchill.

C’est Stanley Baldwin qui présidait le gouvernement de Sa Majesté en 1936.

Inutile de mentionner qu’en constatant une telle erreur, j’ai replacé ce livre bien à sa place sur la table. Si une maison d’édition renommée laisse passer une telle erreur sur une couverture arrière, combien d’autres peuvent être embusquées dans les pages du livre?

Bref et pour tout dire et à moins que l’on puisse justifier cette utilisation du nom de Churchill, la connaissance historique des réviseurs d’Albin Michel est carencée. Et c’est franchement désolant.

Un rapide coup d’œil à la biographie de Sir Winston Churchill aurait pourtant permis d’éviter un écueil important.