Les Red Arrows impressionnent Gatineau

7lbZB4cWRyyhbVyJpEvcvg
La haute-commissaire britannique Susan le Jeune d’Allegeershecque.

J’avais l’immense privilège d’être invité hier à l’arrivée des légendaires Red Arrows (l’escadrille acrobatique de la Royal Air Force) à l’aéroport de Gatineau. Ceux-ci prendront part aujourd’hui au spectacle aérien organisé par Aéro Gatineau-Ottawa.

En attendant l’atterrissage des 10 pilotes en formation, les représentants des médias ont pu assister au décollage de deux Spitfire et du majestueux et imposant C-400 servant au transport du matériel et du personnel de soutien de l’équipe.

Présente sur place, la haute-commissaire du Royaume-Uni au Canada, Susan le Jeune d’Allegeershecque, était ravie de la venue des Red Arrows en sol canadien. « Je pense qu’il s’agit là d’une belle manifestation des relations très étroites qui existent entre nos deux pays, une relation que nous ne devons jamais prendre pour acquise », d’avancer la diplomate qui se réjouissait par ailleurs du fait que les pilotes britanniques s’exécutent d’abord dans le ciel canadien avant de s’envoler pour les États-Unis pour poursuivre leur tournée nord-américaine. Il s’agit de la première présence des Red Arrows au Canada depuis 11 ans.

5AB22568-EA4D-4DCC-BF44-378737D6D983
En compagnie du Squadron Leader Martin Pert, un Écossais fort sympathique.

Rencontré à la toute fin de l’événement, le Squadron Leader Martin Pert (Red 1) – qui est originaire de Glasgow en Écosse – exprimait lui aussi son bonheur de séjourner chez nous. Questionné à savoir quels sont les ingrédients du succès pour lui et ses coéquipiers, il n’a pas hésité à mentionner la préparation et la patience. Le sympathique et généreux pilote expliqua également à des représentants des médias qu’une telle prestation nécessite beaucoup de travail. On parle d’environ un an de préparation. Lui et son équipe ne prennent donc rien à la légère pour en mettre plein la vue à leurs spectateurs.

F+pVz3%cQN2Bt9SvnV3%2w
Un appareil de l’escadrille des Red Arrows.

À l’heure où la Grande-Bretagne traverse une période politique très intense avec le Brexit et l’arrivée de Boris Johnson aux commandes du pays, la tournée des Red Arrows constitue une expression vrombissante et saisissante de l’immense et efficace soft power (puissance douce)de cette nation attachante qui n’en est pas aux premières heures difficiles de son histoire. La présence dans le ciel gatinois des deux Spitfire était d’ailleurs un beau clin d’œil à la bataille d’Angleterre, en 1940, durant laquelle les pilotes britanniques ont vaincu leurs adversaires de la Luftwaffe, évitant ainsi au pays de devoir composer avec un débarquement allemand.

L’histoire se répète souvent, bien que sous des déguisements différents, et elle sert de muse à ceux et celles qui veulent en retenir les leçons. Quoi qu’il arrive dans les prochaines semaines et les prochains mois, les Britanniques entendent bien demeurer une nation forte et inspirante à l’échelle internationale.

Pour l’heure, merci infiniment aux gens de Aéro Gatineau-Ottawa pour cette magnifique activité et pour la généreuse invitation à y prendre part.

Per Ardua ad Astra.

Comment j’ai découvert le Scotch

Plusieurs me demandent souvent d’où provient mon intérêt – et je dois l’avouer – ma passion pour le Scotch. Bien entendu mes racines écossaises n’y sont pas étrangères, mais il y a plus.

GlenfiddichDans ma jeunesse, j’ai été choyé de connaître un grand homme – Mgr Jean-Marie Fortier – qui fut archevêque de Sherbrooke entre 1968 et 1996.

À un moment crucial de ma vie, Mgr Fortier m’a permis d’avoir le plus bel emploi étudiant (universitaire) qui soit – réceptionniste à l’archevêché. Je pouvais lire, faire mes devoirs, écouter des grands classiques (comme Lawrence d’Arabie) à la télévision, tout en accomplissant mes tâches.

Un beau soir d’automne, Mgr Fortier est venu me voir à la réception, me demandant de passer le voir à son bureau après mon quart de travail.

MGRFortier
Mgr Jean-Marie Fortier (1920-2002)

Rassurez-vous – je me dois de le préciser dans le contexte actuel de suspicion entourant l’Église et le clergé – il n’y avait rien de déplacer dans cette invitation. L’archevêque était un bon ami de mon père et nous avions développé une grande amitié également, discutant fréquemment de politique, d’histoire et de livres ensemble. Un personnage exceptionnel, je vous assure.

J’ai alors pensé qu’il avait un service à me demander ou, au pire, que j’avais fait quelque chose de répréhensible…

À la fin de la soirée, je me suis donc dirigé vers son bureau et, à mon grand étonnement, il m’invitait à déguster ce qui deviendrait mon premier verre de Scotch. C’était un bon Glenfiddich – sa marque favorite.

En apercevant mon expression faciale à ma première gorgée, il s’est bien rendu compte que je n’avais jamais eu le privilège de déguster le divin nectar et il s’est esclaffé de son rire légendaire (je l’entends encore dans ma tête…).

Cette soirée mémorable est gravée dans ma mémoire et mon cœur et ce fut le point de départ d’une belle aventure avec le fruit des distilleries de Caledonia.

Depuis et chaque fois que je me verse quelques onces de Scotch, j’ai une pensée pour ce grand homme qui a tant fait pour moi. J’aime croire que chaque moment de dégustation me rapproche un peu de lui dans les cieux.