Combattre le diable à Bataan

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Crédit photo: kofc.org

Les francophones et les Québécois ont peu tendance à s’intéresser au théâtre du Pacifique pendant la Seconde Guerre mondiale. Les opérations en Europe et en Afrique du Nord remportent généralement la faveur du public qui s’intéresse à ce pan de l’histoire militaire – sauf les plus férus dont l’horizon est plus large.

Je me souviens avoir été marqué par la lecture du livre Escape from Davao par John D. Lukacs, dont l’histoire palpitante mais tragique relate l’évasion de prisonniers de guerre américains d’un camp japonais à Mindanao aux Philippines en avril 1943.

En tant que membre des Chevaliers de Colomb, j’ai donc lu avec beaucoup d’intérêt l’article consacré à ces membres de l’Ordre qui ont secouru des prisonniers de guerre américains et philippins. Ceux qui veulent consulter l’article original peuvent le faire ici. J’offre ma traduction personnelle à ceux et celles qui sont moins confortables avec la langue de Shakespeare.

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COMBATTRE LE DIABLE PENDANT LA MARCHE DE LA MORT

12 juin 2019

Par Andrew Fowler

Les Chevaliers des Philippines ont risqué leur vie pour aider des prisonniers de guerre pendant la marche de la mort de Bataan

Peu de temps après l’attaque sur Pearl Harbor, les forces japonaises ont envahi les Philippines. Pendant trois mois, les soldats américains et philippins (dont plusieurs étaient membres des Chevaliers de Colomb) ont tenu la péninsule de Bataan sur l’île de Luçon aux Philippines, et ce, jusqu’au moment où ils ont été débordés. Le général Jonathan Wainwright, commandant des Forces alliées aux Philippines, a alors cédé la péninsule.

Utilisant des haut-parleurs, le général Wainwright ordonna aux soldats américains et philippins de déposer les armes. Lorsqu’ils l’ont fait, ce sont quelque 75 000 hommes qui sont devenus prisonniers de guerre.

Commençait alors la Marche de la mort de Bataan.

Des milliers de soldats américains et philippins succombèrent pendant cette marche forcée de près de 105 kilomètres à partir de Mariveles jusqu’à San Fernando. Des milliers d’autres sont morts à l’intérieur des camps de prisonniers de San Fernando, dont le tristement célèbre camp O’Donnell.

Les prisonniers étaient battus et on les affamait. Pour économiser des munitions, les prisonniers qui s’écroulaient étaient passés à la baïonnette plutôt que d’être fusillés par les soldats japonais. Des membres des Chevaliers de Colomb figuraient parmi les prisonniers de guerre, dont le sergent John Earle – qui était membre du Conseil 23 Valley de Ansonia, au Connecticut – qui parvint à fausser compagnie à ses geôliers pendant la marche pour être ensuite capturé à Corregidor où les forces américaines qui s’y trouvaient encore continuaient de résister après la chute de Bataan.

Le Père jésuite George Willmann écrivait que « pire encore que les nuages de fumées émanant des postes militaires en feu, la morosité et la tristesse pesaient sur la ville. » La survie ne semblait pas être une option offerte aux Chevaliers de Colomb (aux Philippines) après la réédition de Bataan le 9 avril 1942, d’observer le Père Willmann dans l’édition de décembre 1947 de la revue Columbia.

Mais puisque l’Ordre avait pris de l’expansion en s’établissant aux Philippines en 1905, les Chevaliers avaient pour mission de servir ceux et celles qui en avaient le plus besoin. Le Père Willmann qualifiait ce mandat qu’ils s’étaient donnés de mettre la foi en action comme « combattre le diable ».

Et c’est justement ce qu’ils firent durant la Marche de la mort de Bataan.

Tony Escoda, membre du Conseil 1000 de Manille, ne faisait pas partie des prisonniers, mais il ne pouvait pas demeurer indifférent face à cette brutalité. Il se faufila entre les gardes japonais, se faisant passer pour un médecin. Il leur apporta de l’eau et pansa leurs blessures. Mais il fut rapidement découvert. Lui et son épouse furent conduits dans plusieurs camps de prisonniers. Ils furent vu pour la dernière fois suite à leur entrée à la prison Old Bilibid.

Enrique Albert, un frère Chevalier de Escoda, consentit lui aussi le sacrifice ultime. Décrit comme étant « vaillant et insouciant », Albert mena des efforts clandestins pour passer des médicaments et d’autres fournitures en contrebande au Camp O’Donnell. Albert mit également sur pied et assura la gestion de la Maison de repos des Chevaliers de Colomb qui veillait sur les proches des prisonniers, ainsi que sur les soldats « brisés » lorsque ceux-ci furent enfin libérés. Il sera, lui aussi, emprisonné et exécuté par les Japonais.

Benito Soliven connu le même sort, en raison du même esprit de bravoure dont ses frères Chevaliers firent preuve. Politicien célèbre, Soliven proclamait sa foi publiquement en tant qu’orateur à la paroisse Fête du Christ-Roi à Tondo. Mais après la chute de Bataan, il fut également emprisonné au Camp O’Donnell.

Les gardiens japonais lui firent alors une offre : soit il se joignait au gouvernement, soit on le torturait. Soliven répondit : « Non, je n’ai jamais fait de compromis. Je ne commencerai pas maintenant. »

Il ajouta que: « Si j’accepte votre offre, je devrai faire tout ce que vous voudrez. Et je ne veux pas faire ça. Je sortirai de ce camp en même temps que tout le monde. »

Soliven fut éventuellement libéré, mais mourut peu de temps après des suites de la maladie. Il fut enterré par ses frères Chevaliers.

Les actions de ces hommes qui ont combattu la tyrannie durant la Seconde Guerre mondiale ont inspiré d’autres catholiques philippins à joindre les rangs de l’Ordre et ainsi mettre leur foi en action en veillant sur les malades, les gens dans le besoin, les prisonniers et combien d’autres également. Actuellement, les Chevaliers de Colomb des Philippines regroupent plus de 426 000 membres.

Les Chevaliers ont pour mission de mettre audacieusement leur foi en action. Cliquez ici pour adhérer dès aujourd’hui.

Partagez votre histoire avec andrew.fowler@kofc.org

De la puissance militaire chinoise

59285914_885111425160899_3410779249404018688_nEn parcourant les données partagées par le Stockholm International Peace Research Institute, je me suis particulièrement intéressé aux données relatives aux dépenses militaires de la Chine. J’ai donc pu observer que, depuis 2005, le budget militaire de Pékin a triplé. L’Empire du Milieu est donc devenu une puissance militaire en pleine expansion et cela dans la logique du fait que “l’internationalisation de la Chine conduit nécessairement le pays à protéger ses intérêts grandissants à l’étranger, mais aussi à assurer la statute internationale du pays, notamment, et de plus en plus, par le biais de son outil militaire”, pour citer le chercheur Antoine Bondaz dans un excellent chapitre publié dans le livre La Chine dans le monde. Comme les eaux tranquilles d’un fleuve, les lieutenants de Xi Jinping se jettent dans les mers tumultueuses de la politique internationale appuyés d’un “outil militaire moderne et opérationnel”.

Le budget militaire russe rétrécit

Top5DepensesMilitairesJe lisais cette semaine dans mon quotidien britannique favori que la Russie ne fait plus partie du top 5 des pays qui dépensent le plus dans le domaine de la défense.

Accusant une diminution de 3,5% du budget consacré dans cette catégorie en 2018, le pays de Vladimir Poutine a également reculé de deux places au palmarès par rapport à l’année dernière, permettant ainsi à la France d’accéder au top 5.

De là à prétendre que la Russie est en phase d’abandonner la posture résolument militarisme qui lui permet de manifester son influence sur la scène internationale, il y a un pas qu’il faudrait se garder de franchir. On peut notamment se questionner à savoir si ce positionnement est volontaire ou tributaire du contexte entourant les sanctions occidentales et les prix plus bas du pétrole.

Parmi les autres conclusions qu’il est possible de tirer des données dévoilées par le Stockholm International Peace Research Institute (SIPRI), on apprend également que le budget militaire de la Pologne a enregistré une croissance de 8,9%. Ce développement s’inscrit naturellement dans le contexte des tensions qui subsistent entre Varsovie et Moscou, notamment à propos de la question ukrainienne.

La Grande-Bretagne, de son côté, se classe en 7position derrière la Russie. Le britannophile que je suis ne pouvait s’empêcher de le souligner…

Quant au Canada, son classement au palmarès demeure stable en 14eplace.

Le nouvel atout de la puissance navale chinoise

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Le porte-avions chinois CV-17 (source: opex360.com).

Premier porte-avions de conception entièrement chinoise et second de ce type au sein de la marine chinoise, le porte-avions CV-17 vient d’entamer ses essais en mer. Ce développement constitue une manifestation supplémentaire de l’ascension de la puissance militaire chinoise. Pékin est encore bien de pouvoir disposer d’une flotte comparable aux 11 porte-avions de la US Navy, mais l’entrée en mer de son 2bâtiment témoigne bien du fait qu’elle incarne un acteur naval qui s’en vient jouer dans la cour du grand. Il s’agit d’ailleurs d’un sujet que j’entends suivre de près sur ce blogue.

Je tiens d’ailleurs à souligner que cette nouvelle a été portée à mon attention par le newsletter hebdomadaire de Nemrod, une association qui regroupe des étudiants et chercheurs de l’Université de la Sorbonne spécialisés sur les questions de défense et de sécurité internationale.

Les Fusiliers de Sherbrooke reçoivent le Droit de cité de la Ville de Sherbrooke

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Le colonel honoraire Wilfrid Morin, le maire Steve Lussier et le commandant des Fusiliers de Sherbrooke, le Lieutenant-colonel Alexandre Grégoire CD (Source: Fusiliers de Sherbrooke).

« À la Normandie! »

C’est après ces paroles que je dégustais un verre de Calvados, premier toast à la mémoire de ces valeureux fils de notre région qui sont débarqués sur Juno Beach à l’aube du 6 juin 1944, lors du dîner régimentaire commémorant le 108eanniversaire du régiment des Fusiliers de Sherbrooke.

Qu’il me soit permis de souligner qu’il s’agissait du tout premier dîner régimentaire auquel j’étais convié et je tiens d’ailleurs à remercier le Lcol Alexandre Grégoire, commandant des Fusiliers, pour cette aimable invitation.

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Le nouvel honneur de bataille brodé sur le drapeau des Fusiliers de Sherbrooke pour leur participant à la campagne d’Afghanistan (2001-2014).

Cette journée du 14 avril dernier avait auparavant permis aux Fusiliers de Sherbrooke de parader sous une température hivernale dans les rues jusqu’à l’Hôtel de Ville de Sherbrooke pour y recevoir le Droit de cité des mains du maire Steve Lussier. Les membres du régiment déambulaient alors sous leur drapeau régimentaire, lequel arborait pour la toute première fois l’honneur de bataille de le campagne d’Afghanistan. Celui-ci venait d’être brodé, en reconnaissance de la participation des membres de l’unité à cette campagne à laquelle plus de 40 000 militaires canadiens ont pris part entre 2001 et 2014.

 « C’est une journée historique et inoubliable pour moi », d’exprimer avec fierté et émotion le maire Steve Lussier lors de son allocution prononcée lors du dîner régimentaire. Il profita également de l’occasion pour dévoiler ses affinités avec le monde militaire. Ayant grandi à Saint-Jean-sur-le-Richelieu, il mentionnait aux convives que sa mère a œuvré en tant que cuisinière sur la base militaire de cet endroit et que son frère, qui est actuellement pilote de ligne, a appris à piloter alors qu’il faisait partie des cadets de l’air.

Du même souffle, le maire de Sherbrooke témoignait de sa reconnaissance envers le travail accompli par les Fusiliers de Sherbrooke dans la collectivité. « Je sais que la carrière que vous avez choisie est remplie de défis et qu’elle vous demande plusieurs sacrifices.Merci du fond du cœur de les accepter et de poursuivre dans la voie militaire. Car la présence de votre unité dans notre communauté est précieuse », d’ajouter celui qui avait accepté de présider à la cérémonie du Droit de cité en après-midi.

Notons que la dernière cérémonie de ce genre avait eu lieu pour la dernière fois en 1982, alors que Jacques O’Bready présidait aux destinées de la ville.

Inutile de mentionner que ce fut une soirée mémorable, au cours de laquelle j’ai pu me régaler de ces traditions militaires pour lesquelles j’ai toujours nourri la plus grande admiration.

Au final, je partage donc entièrement le sentiment du maire Lussier à l’effet que ce fut une journée inoubliable.

Hommage au Lcol Arnaud Beltrame

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Le Lcol Arnaud Beltrame

En guise d’hommage à la mémoire du Lieutenant-colonel Arnaud Beltrame de la Gendarmerie nationale française, je serai absent des médias sociaux demain, mercredi le 28 mars, en matinée (heure de Montréal). Mes prières et mes pensées sont avec sa famille, ses collègues et sa patrie.

Nous ne vous oublierons jamais Monsieur. De cette demeure éternelle où vous êtes maintenant en compagnie de Notre Père céleste, accordez-nous d’avoir le courage de nous sacrifier pour ce qui est juste et bien, lorsque la vie et les circonstances feront appel à nous. D’ici là, reposez en paix.

En attente du Général de Villiers

A-01-ServirPlusieurs d’entre vous ont certainement eu le plaisir de parcourir Servir – le livre de l’ancien CEMA français, le Général d’armée Pierre de Villiers.

Pour ma part, je suis toujours en attente de mon exemplaire à ma librairie… Et dire que je croyais pouvoir le lire durant le congé de Noël!

Selon ce que j’ai pu apprendre, 2 exemplaires seulement seront acheminés d’ici la fin du mois au Québec. Et l’une des deux est pour moi. Devant mon étonnement face à un arrivage aussi minime, mon libraire m’informait que le livre a connu un tel succès en France que la maison d’édition ne dispose pas des stocks nécessaires pour en envoyer davantage au Canada.

M’estimant heureux de faire partie des quelques privilégiés qui le recevront prochainement (je le souhaite), je dois néanmoins encore faire preuve de patience avant de le lire et de partager mes impressions avec vous.