Les premiers héros du Mossad

Espions-de-nulle-partJ’ai toujours été fasciné par l’histoire du Mossad. Durant mes années universitaires, je parcourais jusqu’aux petites heures du matin les ouvrages relatant les exploits des hommes et femmes qui ont écrit les grandes pages de cette institution légendaire

Vous ne serez donc pas étonnés si je vous dis que je me délecte actuellement des épisodes de la série Mossad 101 sur Netflix.

Quelques jours avant d’être rivé au petit écran pour suivre les péripéties de Yona, Abigail et les autres, j’avais eu le bonheur de dévorer Espions de nulle part : l’avant-Mossad de Matti Friedman.

Fascinant à plus d’un égard, ce livre se veut également novateur dans le sens où il nous plonge dans les péripéties qui se sont déroulées avec la création officielle de l’ « Institut ». L’auteur nous permet donc de remonter dans la généalogie de l’histoire du renseignement israélien et la trame de son récit se concentre sur quatre individus, des Juifs qui passaient pour des Arabes (puisque « […] nés dans le monde arabe [et] aussi autochtones que les Arabes ») et dont la contribution s’est avérée inestimable durant les vingt mois les plus cruciaux qui ont permis la naissance de l’État d’Israël. Le qualificatif « cruciaux » prend ici tout son sens, si on prend en considération le fait que « […] la Section [arabe] [dont ils faisaient partie] fut l’un des seuls outils efficaces du renseignement dont disposèrent les Juifs pendant la guerre de 1948. »

Sans ces individus, que je qualifierais sans hésitation de héros, on n’ose à peine imaginer quelle aurait été la suite des choses au pays du miel et du lait. Tristement, cette contribution est cependant peu connue puisqu’elle se perd en quelque sorte dans le fossé qui existe historiquement entre les Juifs du monde islamique (Mizrahim) et les Juifs du monde chrétien (Ashkénazes), les seconds dominant largement les premiers dans le récit national. L’un des nombreux mérites du livre de Matti Friedman est de rendre justice aux premiers pour avoir formé « […] l’embryon de l’un des services de renseignement les plus extraordinaires au monde […]. »

Chaque page du livre de Matti Friedman relate le parcours et les sacrifices à donner des frissons (je pense ici principalement au risque constant d’être démasqué en territoire ennemi au péril de sa vie) de ces héros pratiquement anonymes dont les exploits auraient facilement pu inspirer la célèbre création littéraire de Ian Flemming.

Dans la bibliothèque de tous ceux et celles qui s’intéressent à l’histoire d’Israël, Gamliel, Isaac, Havakuk et Yakuba font désormais partie de ces « […] sionistes [qui] avaient l’art de changer l’humiliation en idéal. »

Pour comprendre l’ethos d’Israël et pourquoi ce pays – la première ligne de défense de l’Occident comme me le déclarait l’ancien et futur Premier ministre Benjamin Netanyahu (il était alors chef de l’opposition) – ne pourra jamais se payer le luxe de la faiblesse devant des adversaires qui représentent autant de menaces existentielles à sa survie, il faut absolument lire Matti Friedman. Vous ne le regretterez pas.

Sous une plume alerte et sensible, c’est le genre de livre captivant qu’on souhaiterait avoir toujours sous la main.

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Matti Friedman, Espions de nulle part : l’avant Mossad, Paris, Éditions Liana Levi, 2019, 312 pages. Continue reading

Le nouveau Rommel

2RommelRondeauEn février dernier, j’annonçais en primeur sur ce blogue la parution d’une biographie du maréchal Rommel – “le renard du désert” – sous la plume de nul autre que Benoit Rondeau aux éditions Perrin d’ici la fin de l’année.

C’est maintenant chose faite et j’ai reçu mon exemplaire cette semaine.

En raison du fait que j’en ai seulement débuté la lecture hier soir, je ne peux me prononcer sur le contenu. D’ores et déjà, permettez-moi cependant de mentionner que j’aime énormément la facture du livre, publié dans la collection “Maîtres de guerre” sous la direction de l’illustre François Kersaudy, spécialiste reconnu de Winston Churchill.

D’innombrables photos agrémentent le parcours du lecteur et j’anticipe déjà des heures très agréables consacrées à passer au travers.

Je publierai une recension du livre avec grand plaisir, dès que je l’aurai terminé.

Le nouvel atout de la puissance navale chinoise

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Le porte-avions chinois CV-17 (source: opex360.com).

Premier porte-avions de conception entièrement chinoise et second de ce type au sein de la marine chinoise, le porte-avions CV-17 vient d’entamer ses essais en mer. Ce développement constitue une manifestation supplémentaire de l’ascension de la puissance militaire chinoise. Pékin est encore bien de pouvoir disposer d’une flotte comparable aux 11 porte-avions de la US Navy, mais l’entrée en mer de son 2bâtiment témoigne bien du fait qu’elle incarne un acteur naval qui s’en vient jouer dans la cour du grand. Il s’agit d’ailleurs d’un sujet que j’entends suivre de près sur ce blogue.

Je tiens d’ailleurs à souligner que cette nouvelle a été portée à mon attention par le newsletter hebdomadaire de Nemrod, une association qui regroupe des étudiants et chercheurs de l’Université de la Sorbonne spécialisés sur les questions de défense et de sécurité internationale.

Les Fusiliers de Sherbrooke reçoivent le Droit de cité de la Ville de Sherbrooke

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Le colonel honoraire Wilfrid Morin, le maire Steve Lussier et le commandant des Fusiliers de Sherbrooke, le Lieutenant-colonel Alexandre Grégoire CD (Source: Fusiliers de Sherbrooke).

« À la Normandie! »

C’est après ces paroles que je dégustais un verre de Calvados, premier toast à la mémoire de ces valeureux fils de notre région qui sont débarqués sur Juno Beach à l’aube du 6 juin 1944, lors du dîner régimentaire commémorant le 108eanniversaire du régiment des Fusiliers de Sherbrooke.

Qu’il me soit permis de souligner qu’il s’agissait du tout premier dîner régimentaire auquel j’étais convié et je tiens d’ailleurs à remercier le Lcol Alexandre Grégoire, commandant des Fusiliers, pour cette aimable invitation.

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Le nouvel honneur de bataille brodé sur le drapeau des Fusiliers de Sherbrooke pour leur participant à la campagne d’Afghanistan (2001-2014).

Cette journée du 14 avril dernier avait auparavant permis aux Fusiliers de Sherbrooke de parader sous une température hivernale dans les rues jusqu’à l’Hôtel de Ville de Sherbrooke pour y recevoir le Droit de cité des mains du maire Steve Lussier. Les membres du régiment déambulaient alors sous leur drapeau régimentaire, lequel arborait pour la toute première fois l’honneur de bataille de le campagne d’Afghanistan. Celui-ci venait d’être brodé, en reconnaissance de la participation des membres de l’unité à cette campagne à laquelle plus de 40 000 militaires canadiens ont pris part entre 2001 et 2014.

 « C’est une journée historique et inoubliable pour moi », d’exprimer avec fierté et émotion le maire Steve Lussier lors de son allocution prononcée lors du dîner régimentaire. Il profita également de l’occasion pour dévoiler ses affinités avec le monde militaire. Ayant grandi à Saint-Jean-sur-le-Richelieu, il mentionnait aux convives que sa mère a œuvré en tant que cuisinière sur la base militaire de cet endroit et que son frère, qui est actuellement pilote de ligne, a appris à piloter alors qu’il faisait partie des cadets de l’air.

Du même souffle, le maire de Sherbrooke témoignait de sa reconnaissance envers le travail accompli par les Fusiliers de Sherbrooke dans la collectivité. « Je sais que la carrière que vous avez choisie est remplie de défis et qu’elle vous demande plusieurs sacrifices.Merci du fond du cœur de les accepter et de poursuivre dans la voie militaire. Car la présence de votre unité dans notre communauté est précieuse », d’ajouter celui qui avait accepté de présider à la cérémonie du Droit de cité en après-midi.

Notons que la dernière cérémonie de ce genre avait eu lieu pour la dernière fois en 1982, alors que Jacques O’Bready présidait aux destinées de la ville.

Inutile de mentionner que ce fut une soirée mémorable, au cours de laquelle j’ai pu me régaler de ces traditions militaires pour lesquelles j’ai toujours nourri la plus grande admiration.

Au final, je partage donc entièrement le sentiment du maire Lussier à l’effet que ce fut une journée inoubliable.

Hommage au Lcol Arnaud Beltrame

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Le Lcol Arnaud Beltrame

En guise d’hommage à la mémoire du Lieutenant-colonel Arnaud Beltrame de la Gendarmerie nationale française, je serai absent des médias sociaux demain, mercredi le 28 mars, en matinée (heure de Montréal). Mes prières et mes pensées sont avec sa famille, ses collègues et sa patrie.

Nous ne vous oublierons jamais Monsieur. De cette demeure éternelle où vous êtes maintenant en compagnie de Notre Père céleste, accordez-nous d’avoir le courage de nous sacrifier pour ce qui est juste et bien, lorsque la vie et les circonstances feront appel à nous. D’ici là, reposez en paix.

Le Major-général Chapdelaine représentait le Canada à Westminster

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Sa Majesté la Reine Élisabeth II saluant le Major-général Guy Chapdelaine à l’Abbaye de Westminster le 12 mars dernier. Source: Archidiocèse de Sherbrooke

Lundi le 12 mars dernier, le Major-général (Mgén) Guy Chapdelaine – un prêtre du diocèse de Sherbrooke qui occupe la fonction d’Aumônier général des Forces armées canadiennes, était invité à représenter les Forces armées canadiennes, à l’occasion de la cérémonie interconfessionnelle du Commonwealth célébrée en la cathédrale historique de Westminster à Londres. Contrairement à ce que rapportaient certains médias, il n’a pas prêché devant les membres de la famille royale.

Ceux et celles qui aimeraient consulter le dépliant de la cérémonie peuvent le faire ici.

Je me suis entretenu avec lui, au sujet de cette invitation exceptionnelle qui honore non seulement les Forces canadiennes mais aussi les Sherbrookois.

« Il y a deux ans, je suis me rendu à Londres dans le cadre de mes fonctions, puisque les Forces canadiennes ont un Aumônier en poste dans la capitale britannique. J’y ai également rencontré le chanoine Paul Wright, vice-doyen des chapelles royales (on en retrouve 5 à Londres et 3 au Canada), qui est en même temps l’aumônier de Buckingham Palace. »

Le Mgén Chapdelaine a également fait la connaissance du Doyen de Westminster, le Très Révérend John Hall, pour discuter de la façon qu’il organisait les services religieux incluant différents représentants des religions et des Églises chrétiennes. Il l’a revu en janvier 2017 au Centre anglican de Rome. C’est d’ailleurs de ce dernier qu’est venue l’invitation à participer à la cérémonie du 12 mars.

Durant la réception organisée après le service religieux pour le Commonwealth, celui qui représentant les Forces armées canadiennes a également eu le privilège de s’entretenir avec quelques-uns des membres de la famille royale, dont le Prince Harry et Meghan Markle. « Ce qui m’impressionne le plus, c’est qu’on se sent en famille avec eux. Lorsque j’ai discuté avec le Prince Harry, je l’ai remercié pour sa contribution aux Jeux Invictus de Toronto et nous avons parlé de météo avec Mme Markle, puisqu’elle a habité Toronto et que c’est une ville que je connais bien. Loin d’être distants, les membres de la famille royale incarnent véritablement le fait qu’ils sont aussi la famille royale canadienne », de renchérir le haut-gradé originaire des Cantons de l’Est.

Le Mgén Chapdelaine retournera à Londres à la fin du mois d’octobre prochain, puisqu’il a été invité à prêcher à St. James Palace. « De mémoire, selon le chanoine Wright, j’étais le premier catholique depuis le roi Jacques II (dernier monarque catholique romain d’Angleterre, d’Irlande et d’Écosse) et le premier canadien à prêcher dans une chapelle de Sa Majesté (on ne sait pas si elle participera à cette cérémonie, mais cela n’est pas exclu). Je me suis donc demandé si Sa Majesté était au courant de la situation et si elle était à l’aise avec ça. Mon interlocuteur m’a dit qu’elle en avait effectivement été informée et que cela lui faisait grandement plaisir », de poursuivre celui qui est aussi Aumônier honoraire de la Reine.

D’Ottawa au Palais de St. James, en passant par Rome, le Mgén Chapdelaine attribue sa participation à la célébration de la grande famille du Commonwealth aux liens d’amitié tissés dans le cadre de ces fonctions au fil des ans et à l’importance du travail effectué au niveau de l’œcuménisme. « Notre rôle est de bâtir des ponts et je suis honoré de représenter le Canada et les Forces canadiennes auprès de la Couronne canadienne. »

Il s’agit sans conteste d’un insigne honneur que le fervent monarchiste que je suis ne pouvait passer sous silence. Et je suis sincèrement reconnaissant au Mgén Chapdelaine de m’avoir accordé cette entrevue malgré un horaire très chargé.

Une nouvelle biographie de Rommel signée Benoît Rondeau

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Le Generalfeldmarschall Erwin Rommel

J’apprenais durant le week-end que le prolifique historien Benoît Rondeau a soumis le manuscrit d’une nouvelle biographie du Generalfeldmarschall Erwin Rommel aux Éditions Perrin.

L’auteur y mettra notamment l’emphase sur le talent de stratège du célèbre chef de guerre, consacrant ainsi une part significative de son livre à la Normandie, où Rommel fut successivement nommé inspecteur des fortifications du mur de l’Atlantique en novembre 1943 et chef du Groupe d’armées B de la Wehrmacht en charge des défenses côtières de la Manche deux mois plus tard.

Rappelons que M. Rondeau est l’auteur des livres Afrikakorps : l’armée de Rommel (Tallandier, 2013), Invasion : le Débarquement vécu par les Allemands (Tallandier, 2014) et, plus récemment, de la biographie Patton : la chevauchée héroïque (Tallandier, 2016).

L’auteur me confirme également que le livre abordera longuement le quotidien de Rommel et contiendra plusieurs photos inédites.

Visiblement conscient du caractère controversé que représente son sujet (en dépit de la considération que plusieurs lui portent, Rommel a tout de même porté la croix gammée sur son uniforme et commandé l’unité militaire de protection rapprochée de Hitler en 1939), Benoît Rondeau insiste sur le fait que « […] l’on est pas politiquement neutre quand on ne s’oppose pas à quelque chose. On l’accepte tacitement. » On peut donc s’attendre à ce que l’illustre maréchal soit traité sans complaisance au niveau de sa collaboration avec la horde nazie.

Si tout se déroule comme prévu, le livre devrait être en librairie au mois de mai en France. Les lecteurs canadiens pourront donc mettre la main sur un exemplaire avant de partir en vacances, c’est-à-dire vers la fin du mois de juin.

En attendant (avec impatience) la sortie du prochain Rommel en librairie, lecteurs et amateurs d’histoire militaire peuvent consulter le blogue de l’historien, sur lequel celui-ci intervient régulièrement à propos de son sujet de prédilection.