Portes ouvertes à Valcartier

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Des VBL photographiés tôt en matinée sur la BFC Valcartier.

Je reviens tout juste de la belle région de Québec, où moi et ma famille avons passé une superbe journée remplie d’activités fascinantes reliées au travail accompli par les militaires stationnés à la BFC Valcartier.

Au programme, figuraient notamment des kiosques thématiques expliquant les différents métiers (des snipers aux opérateurs de grues en passant par le génie militaire), sans oublier la légendaire balade en VBL – dont petits et grands raffolent.

Cette fenêtre sur le monde militaire permet d’apprécier la diversité des missions accomplies, mais également l’incomparable professionnalisme des femmes et des hommes qui servent dans les Forces armées canadiennes et d’apprécier leur profond dévouement (elles et ils offrent bénévolement leur temps pour cette journée et seront vaillamment de retour au boulot demain matin).

Mille mercis à la Base de soutien de la 2e Division du Canada à Valcartier de nous avoir si bien accueillis aujourd’hui, contribuant ainsi à une meilleure compréhension du rôle vital assumé par les Forces canadiennes dans notre société et alimentant la passion militaire de plusieurs.

À l’année prochaine, je l’espère…

Futile controversy around new KofC uniform

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My father made his entry in the ranks of the Fourth Degree of the Knights of Columbus in 1978.

Earlier this month, the board of directors of the Knights of Columbus voted for a radical and welcome change to the uniform of the Fourth Degree (the patriotic degree of the Order).

As a member of the Knights of Columbus and its Fourth Degree in his forties, let me tell you why I applaud this long-overdue decision, which is notably based on:

“[…] consistent reports that the old regalia presented a barrier to Fourth Degree membership, especially among younger men.”

I’m one of those people who felt uncomfortable – and let’s admit it – very unhappy with the old regalia. I use the word “old” on purpose.

Historically, Knights of the Patriotic Degree wore their regalia with great pride and purpose. I will always remember with great joy those occasions when my father got ready to dress up with his cape, his beautiful hat and his sword. Ah, the sword, that’s what made us all Catholic boys dream of becoming members of the Fourth Degree when we got older.

But you see, times change. And people too. I became a proud member of the Third Degree right after I turned 18. I got involved, walking in the footsteps of my father. But I always felt itchy about taking the next step. Dressing up like my father no longer appealed to me, because I found it too folkloric and not very humble. How many parish priests did I hear complain the color guard was just too much? How many Brothers of the Third Degree felt uncomfortable to the point of not joining? I know, because I was one of those.

Make no mistake. I have absolutely nothing against history and traditions. As a historian and military buff, I’d be the last guy on the surface of the planet to criticize any form of belonging reflected in uniforms, regalia, medals, etc. The same understanding makes me observe that, over time, uniforms and outfits have changed in different organisations. For example, the British soldiers are no longer dressed as they were during the Seven Years War or the Napoleonic period. The infantrymen of the Civil War era certainly would not recognize the current uniforms of the US servicemen and servicewomen. The same applies to Canadian soldiers, who abandoned the soup bowl looking helmet since World War II.

Of course, there are some who run to the barricades to condemn that change and threaten to quit the ranks. That’s very unfortunate. I don’t need a colourful uniform to show my patriotism. What I need is to be proud, vigorous and consequent with my beliefs. In a true spirit of humility and service. In other words, I don’t need to be dressed like my father was to be committed to the Church, my fellowmen and my country. Such is the true sense of being a member of the Fourth Degree.

Besides, don’t you think that a beret conveys more patriotism than an old fashioned chapeau?

Forgive me saying so in a blunt way, but if you want to quit the ranks because you are unhappy with a decision taken by the chain of command, you might reflect on why is it you joined first?

Correct me if I’m wrong, but nobody changed the basic principles of the Patriotic Degree. They just said “OK, guys, now’s the time to think about the future and the best ways to engage the new generations.”

That’s why I’m comfortable pursuing my involvement in a changing world while always being animated by the same core values. The values my father taught me, those I’m teaching my sons.

Over time, the vast majority of members will salute the visionary leadership of the board of directors’ decision.

Give it time. Blessings are often disguised as wrong turns.

Les mémoires de von Manstein

Cela faisait un bon bout que je voulais m’y mettre et c’est fait depuis hier. Avec mon stylo comme compagnon, je me suis plongé dans les mémoires du Generalfeldmarschall Erich von Manstein. Et je dois avouer que c’est une lecture tout aussi intéressante qu’instructive. J’aurai le plaisir de vous en proposer une recension lorsqu’en aurai terminé la lecture.

Le mythe du plan Schlieffen

SchlieffenEn juillet 2014, je visitais le système de tranchées allemand de Bayernwald sur le saillant d’Ypres en Belgique. Dans ces tranchées reconstituées et ouvertes au public, j’ai marché brièvement sur les traces des soldats qui combattaient pour le Kaiser sur le front ouest. Et cela a aiguisé ma curiosité au sujet de la perspective allemande de la Première Guerre mondiale.

Me questionnant à savoir ce qui avait conduit les troupes allemandes à effectuer ce séjour prolongé dans la boue des Flandres, mon intérêt s’est tout naturellement porté sur le fameux plan Schlieffen, sur les épaules duquel tant d’observateurs et de généraux de salon font porter la responsabilité du début des hostilités au mois d’août 1914.

Il me fallait donc lire Alfred von Schlieffen : L’homme qui devait gagner la Grande Guerre par Christophe Bêchet (Éditions Argos). Et ce fut une excellente décision, qui m’a permis de bien comprendre à quel point le mythe entourant ce plan ne correspond pas du tout à la réalité.

« Un des premiers stéréotypes en vogue dès la fin du premier conflit mondial fut de présenter le plan Schlieffen comme un plan de guerre millimétré, ne laissant aucune place à l’initiative des officiers chargés de l’exécuter. » Au surplus, il y a « […] confusion le Grand Mémoire [réputé être l’inspiration du plan Schlieffen] de 1905/1906 et le plan Moltke de 1914. »

L’historien Christophe Bêchet parvient à illustrer que le Grand Mémoire n’était pas « […] la preuve tangible d’une volonté préméditée d’agression de la part de l’Allemagne. » Bien au contraire.

Pour ne citer que quelques exemples, l’autre expose que :

  • Les plans comme ceux échafaudés par Schlieffen alors qu’il était à la tête du Grand État-Major allemand (1891-1906) l’étaient dans une perspective de la continuation de la politique par d’autres moyens;
  • Contrairement à ce qu’on pourrait être tentés de croire, la France était la société la plus militarisée en 1914;
  • Le Grand Mémoire constituait donc un plaidoyer pour l’accroissement des effectifs militaires de l’Allemagne;
  • Schlieffen y prévoyait une guerre sur un front seulement, les Russes ayant été vaincus lors de la guerre russo-japonaise de 1904-1905;
  • Schlieffen « […] avait toujours refusé avec la plus grande fermeté d’envisager dans ses prévisions la possibilité d’une guerre totale, une longue guerre de tranchées dans laquelle les nations épuiseraient toutes leurs ressources. »;
  • Schlieffen était donc un adepte du Blitzkrieg (guerre de mouvement);
  • Le Grand Mémoire était maximalement un concept opérationnel dans lequel Schlieffen planchait notamment les moyens à utiliser pour conduire la guerre moderne.

Fort de ces notions incontournables, il appert de constater que la situation à laquelle Moltke le jeune fut confronté à partir du mois d’août 1914 dépassait largement les paramètres envisagés par Schlieffen de son vivant.

Comme quoi les plans de guerre résistent rarement au concept de friction tel que conceptualisé par Clausewitz et qui accompagne la conduite des hostilités.

Très bien écrit et solidement documenté, le Schlieffen de Christophe Bêchet est donc un ouvrage à lire pour tous ceux et celles qui s’intéressent non seulement au premier conflit mondial, mais également au dépassement des mythes dont nous sommes trop souvent prisonniers dans notre compréhension de l’histoire.

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Christophe Bêchet, Alfred von Schlieffen : L’homme qui devait gagner la Grande Guerre, Paris, Éditions Argos, 2013, 214 pages.