Le nouvel atout de la puissance navale chinoise

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Le porte-avions chinois CV-17 (source: opex360.com).

Premier porte-avions de conception entièrement chinoise et second de ce type au sein de la marine chinoise, le porte-avions CV-17 vient d’entamer ses essais en mer. Ce développement constitue une manifestation supplémentaire de l’ascension de la puissance militaire chinoise. Pékin est encore bien de pouvoir disposer d’une flotte comparable aux 11 porte-avions de la US Navy, mais l’entrée en mer de son 2bâtiment témoigne bien du fait qu’elle incarne un acteur naval qui s’en vient jouer dans la cour du grand. Il s’agit d’ailleurs d’un sujet que j’entends suivre de près sur ce blogue.

Je tiens d’ailleurs à souligner que cette nouvelle a été portée à mon attention par le newsletter hebdomadaire de Nemrod, une association qui regroupe des étudiants et chercheurs de l’Université de la Sorbonne spécialisés sur les questions de défense et de sécurité internationale.

Les Fusiliers de Sherbrooke reçoivent le Droit de cité de la Ville de Sherbrooke

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Le colonel honoraire Wilfrid Morin, le maire Steve Lussier et le commandant des Fusiliers de Sherbrooke, le Lieutenant-colonel Alexandre Grégoire CD (Source: Fusiliers de Sherbrooke).

« À la Normandie! »

C’est après ces paroles que je dégustais un verre de Calvados, premier toast à la mémoire de ces valeureux fils de notre région qui sont débarqués sur Juno Beach à l’aube du 6 juin 1944, lors du dîner régimentaire commémorant le 108eanniversaire du régiment des Fusiliers de Sherbrooke.

Qu’il me soit permis de souligner qu’il s’agissait du tout premier dîner régimentaire auquel j’étais convié et je tiens d’ailleurs à remercier le Lcol Alexandre Grégoire, commandant des Fusiliers, pour cette aimable invitation.

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Le nouvel honneur de bataille brodé sur le drapeau des Fusiliers de Sherbrooke pour leur participant à la campagne d’Afghanistan (2001-2014).

Cette journée du 14 avril dernier avait auparavant permis aux Fusiliers de Sherbrooke de parader sous une température hivernale dans les rues jusqu’à l’Hôtel de Ville de Sherbrooke pour y recevoir le Droit de cité des mains du maire Steve Lussier. Les membres du régiment déambulaient alors sous leur drapeau régimentaire, lequel arborait pour la toute première fois l’honneur de bataille de le campagne d’Afghanistan. Celui-ci venait d’être brodé, en reconnaissance de la participation des membres de l’unité à cette campagne à laquelle plus de 40 000 militaires canadiens ont pris part entre 2001 et 2014.

 « C’est une journée historique et inoubliable pour moi », d’exprimer avec fierté et émotion le maire Steve Lussier lors de son allocution prononcée lors du dîner régimentaire. Il profita également de l’occasion pour dévoiler ses affinités avec le monde militaire. Ayant grandi à Saint-Jean-sur-le-Richelieu, il mentionnait aux convives que sa mère a œuvré en tant que cuisinière sur la base militaire de cet endroit et que son frère, qui est actuellement pilote de ligne, a appris à piloter alors qu’il faisait partie des cadets de l’air.

Du même souffle, le maire de Sherbrooke témoignait de sa reconnaissance envers le travail accompli par les Fusiliers de Sherbrooke dans la collectivité. « Je sais que la carrière que vous avez choisie est remplie de défis et qu’elle vous demande plusieurs sacrifices.Merci du fond du cœur de les accepter et de poursuivre dans la voie militaire. Car la présence de votre unité dans notre communauté est précieuse », d’ajouter celui qui avait accepté de présider à la cérémonie du Droit de cité en après-midi.

Notons que la dernière cérémonie de ce genre avait eu lieu pour la dernière fois en 1982, alors que Jacques O’Bready présidait aux destinées de la ville.

Inutile de mentionner que ce fut une soirée mémorable, au cours de laquelle j’ai pu me régaler de ces traditions militaires pour lesquelles j’ai toujours nourri la plus grande admiration.

Au final, je partage donc entièrement le sentiment du maire Lussier à l’effet que ce fut une journée inoubliable.

Hommage au Lcol Arnaud Beltrame

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Le Lcol Arnaud Beltrame

En guise d’hommage à la mémoire du Lieutenant-colonel Arnaud Beltrame de la Gendarmerie nationale française, je serai absent des médias sociaux demain, mercredi le 28 mars, en matinée (heure de Montréal). Mes prières et mes pensées sont avec sa famille, ses collègues et sa patrie.

Nous ne vous oublierons jamais Monsieur. De cette demeure éternelle où vous êtes maintenant en compagnie de Notre Père céleste, accordez-nous d’avoir le courage de nous sacrifier pour ce qui est juste et bien, lorsque la vie et les circonstances feront appel à nous. D’ici là, reposez en paix.

Le Major-général Chapdelaine représentait le Canada à Westminster

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Sa Majesté la Reine Élisabeth II saluant le Major-général Guy Chapdelaine à l’Abbaye de Westminster le 12 mars dernier. Source: Archidiocèse de Sherbrooke

Lundi le 12 mars dernier, le Major-général (Mgén) Guy Chapdelaine – un prêtre du diocèse de Sherbrooke qui occupe la fonction d’Aumônier général des Forces armées canadiennes, était invité à représenter les Forces armées canadiennes, à l’occasion de la cérémonie interconfessionnelle du Commonwealth célébrée en la cathédrale historique de Westminster à Londres. Contrairement à ce que rapportaient certains médias, il n’a pas prêché devant les membres de la famille royale.

Ceux et celles qui aimeraient consulter le dépliant de la cérémonie peuvent le faire ici.

Je me suis entretenu avec lui, au sujet de cette invitation exceptionnelle qui honore non seulement les Forces canadiennes mais aussi les Sherbrookois.

« Il y a deux ans, je suis me rendu à Londres dans le cadre de mes fonctions, puisque les Forces canadiennes ont un Aumônier en poste dans la capitale britannique. J’y ai également rencontré le chanoine Paul Wright, vice-doyen des chapelles royales (on en retrouve 5 à Londres et 3 au Canada), qui est en même temps l’aumônier de Buckingham Palace. »

Le Mgén Chapdelaine a également fait la connaissance du Doyen de Westminster, le Très Révérend John Hall, pour discuter de la façon qu’il organisait les services religieux incluant différents représentants des religions et des Églises chrétiennes. Il l’a revu en janvier 2017 au Centre anglican de Rome. C’est d’ailleurs de ce dernier qu’est venue l’invitation à participer à la cérémonie du 12 mars.

Durant la réception organisée après le service religieux pour le Commonwealth, celui qui représentant les Forces armées canadiennes a également eu le privilège de s’entretenir avec quelques-uns des membres de la famille royale, dont le Prince Harry et Meghan Markle. « Ce qui m’impressionne le plus, c’est qu’on se sent en famille avec eux. Lorsque j’ai discuté avec le Prince Harry, je l’ai remercié pour sa contribution aux Jeux Invictus de Toronto et nous avons parlé de météo avec Mme Markle, puisqu’elle a habité Toronto et que c’est une ville que je connais bien. Loin d’être distants, les membres de la famille royale incarnent véritablement le fait qu’ils sont aussi la famille royale canadienne », de renchérir le haut-gradé originaire des Cantons de l’Est.

Le Mgén Chapdelaine retournera à Londres à la fin du mois d’octobre prochain, puisqu’il a été invité à prêcher à St. James Palace. « De mémoire, selon le chanoine Wright, j’étais le premier catholique depuis le roi Jacques II (dernier monarque catholique romain d’Angleterre, d’Irlande et d’Écosse) et le premier canadien à prêcher dans une chapelle de Sa Majesté (on ne sait pas si elle participera à cette cérémonie, mais cela n’est pas exclu). Je me suis donc demandé si Sa Majesté était au courant de la situation et si elle était à l’aise avec ça. Mon interlocuteur m’a dit qu’elle en avait effectivement été informée et que cela lui faisait grandement plaisir », de poursuivre celui qui est aussi Aumônier honoraire de la Reine.

D’Ottawa au Palais de St. James, en passant par Rome, le Mgén Chapdelaine attribue sa participation à la célébration de la grande famille du Commonwealth aux liens d’amitié tissés dans le cadre de ces fonctions au fil des ans et à l’importance du travail effectué au niveau de l’œcuménisme. « Notre rôle est de bâtir des ponts et je suis honoré de représenter le Canada et les Forces canadiennes auprès de la Couronne canadienne. »

Il s’agit sans conteste d’un insigne honneur que le fervent monarchiste que je suis ne pouvait passer sous silence. Et je suis sincèrement reconnaissant au Mgén Chapdelaine de m’avoir accordé cette entrevue malgré un horaire très chargé.

Une nouvelle biographie de Rommel signée Benoît Rondeau

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Le Generalfeldmarschall Erwin Rommel

J’apprenais durant le week-end que le prolifique historien Benoît Rondeau a soumis le manuscrit d’une nouvelle biographie du Generalfeldmarschall Erwin Rommel aux Éditions Perrin.

L’auteur y mettra notamment l’emphase sur le talent de stratège du célèbre chef de guerre, consacrant ainsi une part significative de son livre à la Normandie, où Rommel fut successivement nommé inspecteur des fortifications du mur de l’Atlantique en novembre 1943 et chef du Groupe d’armées B de la Wehrmacht en charge des défenses côtières de la Manche deux mois plus tard.

Rappelons que M. Rondeau est l’auteur des livres Afrikakorps : l’armée de Rommel (Tallandier, 2013), Invasion : le Débarquement vécu par les Allemands (Tallandier, 2014) et, plus récemment, de la biographie Patton : la chevauchée héroïque (Tallandier, 2016).

L’auteur me confirme également que le livre abordera longuement le quotidien de Rommel et contiendra plusieurs photos inédites.

Visiblement conscient du caractère controversé que représente son sujet (en dépit de la considération que plusieurs lui portent, Rommel a tout de même porté la croix gammée sur son uniforme et commandé l’unité militaire de protection rapprochée de Hitler en 1939), Benoît Rondeau insiste sur le fait que « […] l’on est pas politiquement neutre quand on ne s’oppose pas à quelque chose. On l’accepte tacitement. » On peut donc s’attendre à ce que l’illustre maréchal soit traité sans complaisance au niveau de sa collaboration avec la horde nazie.

Si tout se déroule comme prévu, le livre devrait être en librairie au mois de mai en France. Les lecteurs canadiens pourront donc mettre la main sur un exemplaire avant de partir en vacances, c’est-à-dire vers la fin du mois de juin.

En attendant (avec impatience) la sortie du prochain Rommel en librairie, lecteurs et amateurs d’histoire militaire peuvent consulter le blogue de l’historien, sur lequel celui-ci intervient régulièrement à propos de son sujet de prédilection.

En attente du Général de Villiers

A-01-ServirPlusieurs d’entre vous ont certainement eu le plaisir de parcourir Servir – le livre de l’ancien CEMA français, le Général d’armée Pierre de Villiers.

Pour ma part, je suis toujours en attente de mon exemplaire à ma librairie… Et dire que je croyais pouvoir le lire durant le congé de Noël!

Selon ce que j’ai pu apprendre, 2 exemplaires seulement seront acheminés d’ici la fin du mois au Québec. Et l’une des deux est pour moi. Devant mon étonnement face à un arrivage aussi minime, mon libraire m’informait que le livre a connu un tel succès en France que la maison d’édition ne dispose pas des stocks nécessaires pour en envoyer davantage au Canada.

M’estimant heureux de faire partie des quelques privilégiés qui le recevront prochainement (je le souhaite), je dois néanmoins encore faire preuve de patience avant de le lire et de partager mes impressions avec vous.

Entrevue avec le commandant Jean Michelin

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Le commandant Jean Michelin (ministère des armées)

Suite à la publication de ma recension de son excellent ouvrage Jonquille – Afghanistan 2012, le Chef de bataillon (commandant) Jean Michelin a eu la très grande amabilité d’accepter de répondre à quelques questions de ma part.

Voici donc le contenu de notre échange :

Question : À la page 265 [de votre livre], vous écrivez : « c’était cruellement banal : la France était en vacances, mais nous, nous n’oublierions pas. » Vous faisiez référence au fait qu’un sous-officier des Advisory Teams était tombé au combat. J’ai cru percevoir une certaine frustration de votre part, relativement à la méconnaissance de la mission qui vous était confiée sur ce théâtre d’opérations. Dit autrement, la population en général s’en préoccupe bien peu. Qu’aimeriez-vous que les gens réalisent à propos de votre mission en Afghanistan?

“Il y avait clairement de ma part une ambition secrète, en écrivant ce livre, d’être lu au-delà de la communauté d’intérêt du monde de la Défense, et je ne m’en cache pas. Est-ce que j’ai réussi, c’est une autre question! Mais je suis content d’avoir au moins essayé.”

Réponse : Il y a toujours de la frustration quand un mort au combat est traité de façon expéditive par les médias nationaux. C’est, je pense, une réaction normale quand on est sur place et que l’on sent que l’opinion ne s’intéresse guère à ce que les soldats, déployés au nom du pays et donc de sa population, sont en train de vivre. Mais c’est aussi paradoxal, parce que d’une façon générale, nous n’aimons guère le dolorisme outrancier qui trahit un certain défaut de résilience. Je crois que la vérité est quelque part entre les deux: le traitement médiatique est un symbole du sentiment général face aux forces armées qui s’est développé ces dernières années, celui d’une sympathie sincère mais quelque peu indifférente. C’est assez logique, parce que les armées renvoient une impression de solidité, de valeurs, de confiance qui est soigneusement entretenue (et méritée), mais à l’échelle d’une population, peu de gens sont concernés par la Défense (soit personnellement, soit par l’intermédiaire d’un proche, parent ou ami). Il y avait clairement de ma part une ambition secrète, en écrivant ce livre, d’être lu au-delà de la communauté d’intérêt du monde de la Défense, et je ne m’en cache pas. Est-ce que j’ai réussi, c’est une autre question! Mais je suis content d’avoir au moins essayé.

Question : Nous avons le privilège de découvrir votre récit dans le confort de notre foyer ou devant un petit café (le genre qu’on aimerait placer dans un colis pour vous l’envoyer en Afghanistan si on pouvait revenir en arrière), mais on sent très bien que le genre de mission à laquelle vous avez pris part est un exercice très difficile. Quel est, selon vous, l’élément (qualité) essentielle pour passer au travers avec succès?

“Le facteur essentiel de succès, c’est la formation et l’entraînement.”

Réponse : Je ne vais pas être original, mais le facteur essentiel de succès, c’est la formation et l’entraînement. Cela part des hommes et des femmes que l’on commande, évidemment, et que j’ai voulu mettre au cœur du livre, parce que ce sont eux qui ont été le plus exposé. Mais j’ai toujours eu confiance en eux parce que je m’étais entraîné avec eux, que je les connaissais, que je savais ce que je pouvais leur demander. Cela prend du temps et cela nécessite des moyens, mais c’est absolument essentiel. Le 9 juin, et dans d’autres moments de tension, j’ai – comme tous mes subordonnés – fait ce que je savais faire, ce que j’avais appris à faire, ce que j’avais répété et perfectionné pendant des heures, des jours, des nuits. La formation et l’entraînement, c’est souvent la variable d’ajustement qui souffre de la suractivité, ce n’est pas toujours amusant, mais c’est indispensable. Pour un chef, je crois aussi qu’il faut prendre soin de ses subordonnés, les aimer, les connaître. C’est ce que j’ai cherché à faire. Je ne le regrette pas. Je citerais volontiers mon chef de corps, qui nous a répété à de nombreuses reprises, en fin de mission et après le retour: “je n’ai eu peur de rien car j’étais sûr de vous.” Je suis très jaloux de cette phrase à laquelle je souscris totalement.

Question : Étant féru d’histoire militaire et des grands noms qui en ont jalonné l’écriture depuis des temps immémoriaux, puis-je me permettre de vous demander quel grand chef de guerre vous inspire le plus et pourquoi?

“J’ai une vraie admiration pour Monclar, par exemple, qui, à la veille de la retraite, et alors qu’il était général de corps d’armée, a troqué ses étoiles contre des galons de lieutenant-colonel pour aller commander le bataillon français de Corée.”

Réponse : C’est difficile à dire. Il y a beaucoup de grands noms, de grands chefs, de grands capitaines et de grands généraux dans l’histoire, et dans l’histoire de France en particulier. Je n’ai pas forcément de “héros personnel” défini, mais je suis indéniablement nourri d’une culture militaire française qui a produit de grands chefs non dépourvus de panache. J’ai une vraie admiration pour Monclar, par exemple, qui, à la veille de la retraite, et alors qu’il était général de corps d’armée, a troqué ses étoiles contre des galons de lieutenant-colonel pour aller commander le bataillon français de Corée. Quand on sait la carrière qu’il a eu avant, c’est quand même quelque chose de fort. Et puis, je crois qu’il y a un beau symbole, au soir de sa vie active, près de raccrocher le képi, à retourner au sein de la troupe, près du contact et près des hommes. On passe toute une carrière à regretter ses années de lieutenant et de capitaine, quand on découvre la vie d’officier d’état-major, après tout. J’aime bien cette idée – ce qui ne signifie pas que je m’en sentirais capable pour autant!

Question : À la page 268, vous écrivez : « […] je fumai en interrogeant du regard le ciel vide et adressai une prière silencieuse et maladroite pour le repos des âmes venues servir dans ce recoin désolé du monde. » Sans vouloir m’immiscer dans votre for intérieur, mais quel est le rôle, l’importance, de la foi dans ces missions de guerre que l’on confie à nos militaires?

“J’ai essayé de faire en sorte, quand les conditions opérationnelles le permettaient, que les gens qui le voulaient puissent pratiquer leur religion pendant la mission, que ce soit aller à la messe ou observer le jeûne du Ramadan.”

Réponse : C’est compliqué. Hormis mon cas personnel, qui n’a que peu d’intérêt, je sais toutefois l’importance qu’a ou qu’a pu avoir la foi religieuse en opérations. Il y a quelque chose de très intime mais qui peut être très fort dans ces moments-là. J’ai essayé de faire en sorte, quand les conditions opérationnelles le permettaient, que les gens qui le voulaient puissent pratiquer leur religion pendant la mission, que ce soit aller à la messe ou observer le jeûne du Ramadan. Avoir des aumôniers, imams ou rabbins militaires est une bonne chose, mais je conçois aussi que cela ne convienne pas à tout le monde. Dans un système très régenté par les règles et les consignes de tous ordres, c’est un espace de liberté qui appartient à chacun et que je me suis contenté de respecter sans chercher à imposer quoi que ce soit.

Question : Je suis amateur de Scotch (Whisky). J’ai donc beaucoup aimé les clins d’œil effectués en direction de ce divin breuvage dans votre livre – notamment le récit de la bonne bouteille dégustée dans des verres de cantine (p. 331). Accepteriez-vous de me dire quelle est votre marque de Scotch favorite?

Réponse : J’en bois moins depuis quelques années, étrangement, mais j’aime bien le Caol Ila. Il est hélas introuvable sous mes latitudes actuelles, mais j’ai appris à apprécier le bourbon pour compenser.

Question : Finalement, je serais infidèle à ma passion des bonnes lectures si je ne tentais pas de savoir si vous avez l’intention de reprendre la plume dans un avenir prochain? Prévoyez-vous écrire de nouveau au sujet des affaires militaires?

“Je n’exclus pas de continuer à toucher au monde militaire, parce qu’il y a des problématiques que j’aimerais explorer dans la fiction, mais je n’ai pas non plus envie de m’enfermer dans un genre.”

Réponse : Oui, j’aimerais bien continuer à écrire – j’écris depuis que je suis tout petit. J’ai un projet de roman en cours, c’est une première pour moi. J’espère arriver à le terminer, j’espère aussi qu’il sera suffisamment bon pour être accepté par mon éditeur! Je n’exclus pas de continuer à toucher au monde militaire, parce qu’il y a des problématiques que j’aimerais explorer dans la fiction, mais je n’ai pas non plus envie de m’enfermer dans un genre. Mon rêve, c’est de me sentir un jour suffisamment légitime et suffisamment libre pour pouvoir raconter toutes sortes d’histoires. J’aime bien raconter des histoires.

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Je tiens à remercier vivement le Chef de bataillon (commandant) Michelin non seulement pour sa plume exceptionnellement agréable et engageante, mais aussi pour sa grande générosité envers l’auteur de ce blogue en acceptant de répondre à ses questions.

Jonquille – Afghanistan 2012 est actuellement disponible en librairie et je vous garantis que vous ne regretterez pas de vous en procurer un exemplaire et d’y plonger.